INTERVIEW. Maya Lauqué: "Sexist remarks? It happens, but I always dared to say what I thought "

0 0

Closer Il paraît que, petite, vous vous destiniez à une carrière de danseuse classique…

Maya Lauqué Absolument ! A 11 ans, j’ai même quitté Bayonne pour intégrer l’école de danse à l’Opéra. Mais je me suis fait virer, car je n’entrais pas dans le moule. Certes, la danse laisse s’exprimer les individualités mais, à 11 ans, il faut ressembler aux autres filles et je n’adhérais pas à ce côté très militaire. J’ai l’apparence d’une jeune femme douce et docile, mais j’ai besoin d’une grande liberté à l’intérieur d’un cadre.

Vous n’avez tout de même pas dû vivre une adolescence classique…

Je ne pensais qu’à la danse classique. Et jusqu’à mes 17 ans, j’écoutais Mozart et Bach en boucle. J’ai arrêté la danse plus tôt que je ne l’imaginais et, à ce moment-là, j’ai su immédiatement que je voulais devenir reporter. C’est l’époque où mes parents m’ont encouragée à découvrir la vie sans l’exigence de la danse. Ils souhaitaient que je prenne du temps pour moi et que je fasse la fête comme toutes les filles de 17 ans. C’était un peu comme une renaissance…

« Je suis une maman fusionnelle. J’ai allaité ma fille pendant quatorze mois ! »

Avec un papa président des Fêtes de Bayonne, difficile de ne pas avoir un goût prononcé pour la fête…

Si je ne participe pas chaque année aux Fêtes de Bayonne, c’est un sacrilège familial. Mais, depuis que je suis maman, j’ai levé le pied…

Continuez-vous la danse classique de façon plus ludique ?

Je suis incapable de recommencer la danse en dilettante. Il y a quelques années, je me suis inscrite à un cours, mais je faisais peur aux autres élèves, car j’étais encore dans le dépassement de soi et la recherche de l’excellence… Je voulais réussir à monter la jambe aussi haut qu’avant… Les profs m’ont même demandé de me calmer ! (Laughter.) La danse classique est un milieu d’une grande exigence. Tu ne t’améliores que si tu as mal. Et forcément, ça laisse des traces dans la vie d’adulte. Je suis impitoyable avec moi-même. Je ne lâche rien.

Vous êtes dure avec vous-même, parce que vous n’avez pas confiance en vous ?

J’ai le syndrome de l’imposteur. Je suis devenue journaliste sans avoir validé mes études. J’ai appris mon métier sur le terrain et j’en suis très fière, mais j’ai toujours su que je devrais travailler deux fois plus que les autres pour compenser le manque de diplômes. Je voulais prouver que j’étais capable d’exercer ce métier aussi bien que tous mes copains qui sortaient d’une école de journalisme. J’ai une grosse capacité de travail et je ne fais que ça, bosser, bosser, bosser.

Est-ce que vous ressentez de la jalousie de la part de vos consœurs ?

Peut-être, mais je n’ai pas envie de la voir. Petite, j’étais très solitaire avec très peu d’amies. Aujourd’hui, je suis dans l’empathie et je regarde les femmes avec bienveillance.

Avez-vous subi des remarques sexistes dans ce milieu ?

En vingt ans de métier, ça arrive forcément, malheureusement. Des gestes déplacés de collègues, des regards dérangeants, une main aux fesses… Mais j’ai toujours osé dire ce que je pensais et, aujourd’hui, on me laisse en paix !

En tant qu’ancienne danseuse, quelle image avez-vous de votre corps ?

Je n’étais pas en paix avec mon corps, car je l’ai soumis à des rythmes difficiles avec beaucoup de privation. Lorsque mes copines mangeaient une chocolatine, moi, je me nourrissais d’une pomme. Parce que c’est comme ça… Mais la maternité m’a aidée à mieux m’accepter. Aujourd’hui, je laisse mon corps tranquille et ne me parlez surtout pas de régime !

Quel genre de maman êtes-vous ?

Je suis une maman fusionnelle et je passe beaucoup de temps avec eux. J’ai allaité ma fille pendant quatorze mois ! C’était un peu compliqué à gérer, parce que j’ai repris le travail un mois et demi après l’accouchement. Entre deux tournages, je tirais mon lait un peu partout. L’aventure de l’allaitement a été assez épique ! J’ai toujours pensé que la maternité n’était pas pour moi, car ma vie amoureuse n’a pas été très joyeuse. Pour éviter de trop y penser, je me suis concentrée sur ma vie professionnelle jusqu’à ce que je rencontre mon mari. Tout mon équilibre a alors été chamboulé et la naissance de mes enfants a révolutionné ma vie.

Parlez-nous de l’heureux papa…

C’est un super papa rocker ! Il a joué pendant dix ans avec Louis Bertignac et, aujourd’hui, il tient une école de musique à Paris. Tous nos amis disent que nous formons un couple atypique, mais il a su faire sortir mon côté rock. Et je ne suis pas si douce et apaisée que l’on pourrait penser.

Do not miss any article of Closermag.fr by directly receiving an alert via Messenger

This article appeared first on https://www.closermag.fr/people/interview-maya-lauque-les-remarques-sexistes-a-arrive-mais-j-ai-toujours-ose-dir-1097933

Leave a comment

Your email address will not be published.